Jean Claude Bouttier : parcours et carrière du boxeur français

L’article en bref

Jean-Claude Bouttier, champion d’Europe et icône de la boxe française, a marqué les années 1970.

  • Champion d’Europe des poids moyens de 1971 à 1974 avec un palmarès de 64 victoires en 72 combats
  • Deux combats légendaires contre Carlos Monzon en 1972 et 1973 pour le titre mondial, perdus honorablement
  • Reconversion médiatique réussie comme consultant pendant plus de 30 ans, formant le duo « les BB »
  • Héritage durable : un complexe sportif porte son nom à Gournay-sur-Marne, symbole de son impact sur le sport français

Figure emblématique de la boxe française des années 1970, Jean-Claude Bouttier a marqué l’histoire du noble art par sa détermination et son courage sur le ring. Né en 1944 à Saint-Pierre-La-Cour en Mayenne, cet ancien apprenti boucher devenu champion d’Europe a su conquérir le cœur des Français grâce à ses combats acharnés et sa personnalité attachante. Son parcours atypique, de la boucherie aux rings internationaux, illustre une ascension remarquable dans un milieu exigeant et codé. Décédé en août 2019 à l’âge de 74 ans, il laisse derrière lui un héritage sportif indélébile et des souvenirs mémorables pour tous les amateurs de boxe.

Des débuts modestes à la consécration européenne

Un apprentissage loin des projecteurs

Rien ne destinait initialement Jean-Claude Bouttier à briller sous les projecteurs des grands rings internationaux. À 14 ans, il exerce le métier d’apprenti boucher dans son village natal de Mayenne. Contrairement aux boxeurs naturellement doués, il ne possède pas immédiatement les qualités d’un futur champion. Sa détermination sans faille compense néanmoins ces lacunes initiales. Combat après combat, il affine sa technique dans les compétitions amateurs et forge son mental d’acier.

La conquête des titres français et européen

En janvier 1971, le Mayennais atteint un premier sommet en décrochant le titre de champion de France, qu’il considère comme la plus belle récompense de sa carrière. Cette victoire représente l’aboutissement de nombreuses années d’efforts et de sacrifices. Cinq mois plus tard, devant un public euphorique à Roland-Garros, il s’empare de la ceinture européenne des poids moyens. Il conserve ce titre prestigieux jusqu’en mai 1974, date de sa défaite contre le Britannique Kevin Finnegan.

Un palmarès impressionnant

Au terme de sa carrière professionnelle, son bilan s’établit à 72 combats disputés, dont 64 victoires avec 43 knockouts, un match nul et seulement 7 défaites. Ces statistiques témoignent de son efficacité redoutable sur le ring. Belle gueule, excellente élocution et sens de la formule font de lui une personnalité médiatique appréciée. Il met un terme à sa carrière quelques mois après sa défaite contre Finnegan en 1974, laissant une empreinte durable dans la boxe française.

Période Titre Durée
Janvier 1971 Champion de France
Mai 1971 – Mai 1974 Champion d’Europe 3 ans
1964 – 1974 Carrière professionnelle 10 ans

L’affrontement légendaire avec Carlos Monzon

Premier duel à Colombes en 1972

Le 17 juin 1972 à Colombes, Jean-Claude Bouttier défie l’Argentin Carlos Monzon pour le titre mondial des poids moyens. Surnommé « El Macho », ce dernier terrorise les rings internationaux. Le Français aborde pourtant ce combat avec une confiance inébranlable et une stratégie offensive claire. À la sixième reprise, l’impensable se produit : Monzon va au tapis face à la détermination du challenger français. Acculé et sans solution face à la combativité de son adversaire, l’Argentin recourt à une action déloyale en donnant un coup de pouce dans l’œil de Bouttier.

Touché à l’œil et victime d’une hémorragie interne, le boxeur français est contraint d’abandonner au 13e round. Des années plus tard en Argentine, Monzon lui avoue n’avoir trouvé que cette parade pour remporter le combat. La rudesse de cet affrontement marque durablement les esprits. Malgré la défaite, le public reconnaît la valeur exceptionnelle du Français qui, face à cette « montagne », montre qu’il appartient au cercle restreint des grands champions. Monzon lui-même déclare après le combat avoir affronté son adversaire le plus coriace.

La revanche de Roland-Garros en 1973

Le 29 septembre 1973, une deuxième confrontation s’organise à Roland-Garros sous l’impulsion d’Alain Delon, devenu ami et manager du boxeur français. Pour préparer ce combat capital, l’acteur met à disposition sa propriété de Douchy dans le Loiret, transformée en camp d’entraînement de luxe. Sur ces 140 hectares, rien ne manque : ring de boxe, salle de musculation, piscine et équipements sportifs dernier cri. Dans cette atmosphère de calme et de sérénité, le champion peut se concentrer pleinement sur sa préparation physique et mentale.

Certains grands champions, à l’image de Julio César La Cruz, bénéficient aujourd’hui de structures similaires pour optimiser leurs performances. Malgré une préparation optimale et une combativité exemplaire, les trois dernières reprises s’avèrent intenables. Monzon remporte le combat aux points. Dans son livre « Poing final » publié en 2011, le Français reconnaît que l’Argentin était trop fort. Ces deux défaites honorables propulsent paradoxalement sa popularité à des sommets et l’inscrivent dans le panthéon des magnifiques perdants.

Une seconde carrière derrière les micros

Après sa retraite sportive en 1975, une nouvelle page s’ouvre dans la vie de l’ancien champion. Il se lance dans l’organisation de combats de boxe et crée sa propre marque de vêtements. Son charisme naturel lui ouvre également les portes du cinéma, notamment dans le film « Les Uns et les autres » de Claude Lelouch. Cette transition vers le monde du spectacle témoigne de sa polyvalence et de sa capacité d’adaptation.

En 1984, son existence prend un nouveau tournant décisif lorsque Charles Biétry, journaliste à l’Agence France-Presse et ami proche, lui propose de devenir consultant pour une nouvelle chaîne privée. Pendant plus de 30 ans, sa voix berce les soirées des passionnés du noble art sur les antennes de cette chaîne. Le duo qu’il forme avec Biétry, surnommé affectueusement « les BB », fonctionne à merveille et marque toute une génération d’amateurs de boxe. D’autres figures du sport de combat comme Demetrious Johnson ont également su reconvertir leur notoriété sportive en carrière médiatique.

  • Organisation de combats et promotion de la boxe française
  • Création d’une marque de vêtements portant son nom
  • Consultant sportif pendant plus de trois décennies sur les antennes
  • Publication de son autobiographie « Poing final » en 2011

L’héritage d’une icône populaire

Le 3 août 2019, Charles Biétry annonce avec tristesse le décès de son ami sur les réseaux sociaux. La ministre des Sports Roxana Maracineanu rend hommage à cette personnalité charismatique dont les combats ont enflammé les années 1970. Comme Amanda Nunes représente aujourd’hui une référence féminine dans les sports de combat, Jean-Claude Bouttier incarnait l’excellence masculine de son époque. Un complexe sportif à Gournay-sur-Marne porte désormais son nom, comprenant terrain de football synthétique, dojo, salle de musculation et courts de tennis.

Cette reconnaissance institutionnelle illustre l’impact durable qu’il a eu sur le sport français. Son histoire rappelle que la grandeur d’un champion ne se mesure pas uniquement à ses victoires, mais également à sa capacité à transcender les défaites. Son courage face à Monzon et sa reconversion réussie dans les médias font de lui un modèle inspirant pour les générations futures de boxeurs français.

Pour en savoir plus sur l’histoire de la boxe, consultez le wiki de la boxe et le site des combattants.

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