Resumen del artículo
La France a façonné la boxe thaï depuis les années 70 avec des pionniers et champions de renommée mondiale.
- Les pionniers : Patrick Brizon, Roger Paschy et Gilles Belloni fondent les premiers clubs légendaires (Brizon Gym, Yamatsuki, Belloni Gym) et ramènent les maîtres thaïlandais en France.
- Les champions d’élite : Dany Bill (7 titres mondiaux), Jean-Charles Skarbowsky (N°1 au Rajadamnoen), Fabrice Payen y Anissa Meksen (3 titres mondiaux) dominent l’Europe et la Thaïlande.
- Les clubs de référence : Derek Boxing, Nemrod Gym et Yamatsuki deviennent des institutions européennes formant régulièrement des champions du monde.
- Les pionnières : Nancy Joseph y Anissa Meksen tracent la voie aux femmes dans le muay-thaï français de haut niveau.
La France compte parmi les nations qui ont façonné la boxe thaï hors de Thaïlande. Depuis les années 70, des pionniers acharnés ont bâti une culture muay-thaï solide, forgé des champions de calibre mondial et ouvert des gymnases devenus des légendes. La liste des champions de France de boxe thaï est longue, dense, et souvent méconnue du vaste public. Il est temps de lui rendre justice.
Les pionniers qui ont tout construit
Tout commence à Clermont-Ferrand en 1974, quand Patrick Brizon ouvre le Kurozaki Dojo. Il devient le premier champion d’Europe français en kick-boxing en 1979, avant de mourir brutalement d’une crise cardiaque le 22 août 1982, à seulement 31 ans. Ses élèves Gérard Dimier, Jocelyn Faye et Didier Leborgne perpétuent son œuvre sous le nom Brizon Gym.
À Paris, Roger Paschy, surnommé le Bruce Lee français, organise les premiers galas de boxe thaï dans des salles comme l’Élysée Montmartre, le Cirque d’Hiver et la salle Wagram. C’est lui qui ramène en France des légendes thaïlandaises telles que Samart, Krongsak ou Somsong. Son club Yamatsuki, fondé à la fin des années 70, forme notamment Christian Bahfir, Omar Benamar et les frères Desjardins.
De son côté, Gilles Belloni ouvre le Belloni Gym à Bagnolet à la fin des années 70. Il est le premier étranger à s’entraîner au camp Jocky Gym en Thaïlande. En 1980, il fait venir en France Pud Pad Noy Worawoot, reconnu comme l’un des dix meilleurs boxeurs thaïs de tous les temps. Ce dernier restera 23 ans en France, formant notamment Guillaume Kerner, surnommé L’Ange Blond.
En 1983, les premiers championnats d’Europe en France sont organisés le 27 juin à l’Élysée Montmartre par Paschy, Belloni et Richard Dieux. Kouider Abdelmoumeni devient l’un des premiers Français champions d’Europe cette année-là, en battant le Hollandais Ay. Il avait déjà combattu au Ratchadamnoen de Bangkok en 1981 et disputé une ceinture mondiale à Hong Kong en 1982.
Christian Bahfir et l’émergence face aux Hollandais
Christian Bahfir, fondateur du Fuji Club à Drancy, est le premier Français à défier sérieusement les guerriers hollandais comme Fred Royers ou Rob Kaman. Il bat Patrick Brizon pour la ceinture de champion de France en 1982, puis remporte le titre de champion d’Europe en 1984 contre Robert Davis.
Omar Benamar et l’usine à champions du Nemrod Gym
Omar Benamar, surnommé le Magicien, s’entraîne en 1980 au Sityodtong, le camp de Samart Payakaroon à Pattaya. Il crée ensuite le Nemrod Gym à Stain et forme une génération entière de champions : Dany Bill (sept fois champion du monde), Farid Kenniche, Gregory Choplin ou encore Jérémie Charlet.
Les frères Desjardins et le mythique club Derek
René et Antoine Desjardins ouvrent le Derek Boxing à La Courneuve en 1984, au milieu de la cité des 4000. Ce club devient une référence absolue en Europe dans les années 90. René Desjardins avait lui-même battu par KO les champions anglais Ronnie Green et Howard Brown.
Les champions qui ont marqué l’histoire du muay-thaï français
La liste des champions français de boxe thaï compte des noms que la Thaïlande elle-même respecte. Voici quelques palmarès qui parlent d’eux-mêmes :
| Champion | Titre principal | Periodo |
|---|---|---|
| Dany Bill | 7× champion du monde | 1993–1999 |
| Jean-Charles Skarbowsky | N°1 au Rajadamnoen, 3× champion d’Europe | 2003–2006 |
| Fabrice Payen | Champion du monde, 200 combats | 1998 |
| Stéphane Nikiéma | 3× champion du monde, France, Europe | 17 ans de carrière |
| Anissa Meksen | 3× championne du monde | 2013, 2014, 2016 |
Jean-Charles Skarbowsky, surnommé The Tattoo Dragon, est classé N°1 au Rajadamnoen de Bangkok de 2003 à 2006 et remporte deux fois la Coupe du Roi. Il massacre littéralement l’élite thaïlandaise : Robert Kaennorasing, Kaoponglek Luksuratam, Nonthanan Por Pramuk — tous par KO. En Thaïlande, il est aussi célèbre que Ramon Dekkers.
Fabrice Payen totalise 200 combats dont 40 au stadium du Radja. En 1989, il est le premier occidental classé N°3 au Radja, avant de décrocher le titre mondial en 1998. Damien Alamos, lui, réussit le 10 février 2012 à ravir la ceinture du Lumpinee à seulement 21 ans, défendant son titre deux fois. Passer professionnel en boxe en France exige ce genre de parcours : une discipline totale et des combats au sommet très tôt.
Les femmes qui ont tracé leur voie
Nancy Joseph est la première Française championne du monde de boxe thaï, en 1992. Elle détient aussi 11 titres de championne de France en Savate boxeo francés. Après elle, Anissa Meksen s’impose trois fois championne du monde en 2013, 2014 et 2016, plus deux titres européens en 2014 et 2015. Des pionnières comme Angélique Pitiot, Florence Delaroche ou Soraya Bucherie ont aussi marqué les années 2000.
La génération 2010 et ses exploits
Fabio Pinca, surnommé Le Bûcheron de Saint-Fons, devient en 2011 le premier étranger à remporter la ceinture du tournoi Thai Fight en Thaïlande. Yohan Lidon accumule une douzaine de ceintures mondiales dont quatre en boxe thaï. Djimé Coulibaly est plusieurs fois champion de France entre 2005 et 2009, champion d’Europe WBC en 2010, puis champion du monde WMC en 2014.
Former les futurs champions : clubs et structures à connaître
Derrière chaque champion se cache un club sérieux. Le 107 Boxing, ouvert par Raoul Lamy rue Popincourt à Paris en 1977, a organisé des dizaines de galas dans les années 80 et 90. Lamy crée même la première Coupe de France de boxe thaïlandaise en 1997 à Yerres. Il décède le 16 avril 2009 à 56 ans, laissant derrière lui un héritage structurant.
Le Swaying Naja Camp à Rouen, fondé par Robert Rite au début des années 80, a notamment formé Jérôme Le Banner — triple champion du monde : ISKA en 1996, WKN en 1998, WPMF en 2010. André Zeitoun ouvre son club en 1990 après deux titres de champion de France Junior en 1984 et 1985, et forge des noms comme Nash Ular, Jean-Charles Skarbowsky ou Johann Fauveau, triple champion de France classe A.
Voici quelques clubs qui ont marqué l’histoire :
- Yamatsuki (Paris) — club fondateur de Roger Paschy, pépinière de la première génération
- Nemrod Gym (Stain) — club d’Omar Benamar, sept champions du monde formés
- Derek Boxing (La Courneuve) — club mythique des frères Desjardins, référence européenne des années 90
- France Muay Thai (Paris, rue Malabranche) — club de Pud Pad Noy Worawoot
Christian Garros, champion de France de muay-thaï classe A en 1993 et 1994, champion d’Europe WPKL en 1995, a réalisé 22 combats en Thaïlande avec 14 victoires. Il est le premier Français à mettre un KO au Lumpinee. Cindy Silvestre cumule huit titres mondiaux en muay-thaï et kickboxing. Jimmy Viennot devient champion du Lumpini le 30 avril 2019. Ces parcours prouvent que la France produit régulièrement des champions capables de s’imposer sur les rings thaïlandais les plus prestigieux — et que la prochaine génération est déjà en train de s’entraîner.

